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Sciences pour tous… et toutes !

Avez-vous déjà entendu l’histoire d’un patient se plaignant de ne pas voir arriver le médecin, alors qu’il, enfin… elle, se trouve être juste devant lui ?

A l’hôpital, les femmes ne sont pas toutes des infirmières !
Pourquoi ces stéréotypes sont-ils encore véhiculés dans notre société ? Les postes importants dans les domaines scientifiques devraient-ils toujours être occupés par des hommes ? Et d’ailleurs, le sont-ils encore ?

Pour le savoir, nous avons assisté à la table ronde qui s’est déroulée au lycée Jean-Jacques Rousseau de Montmorency dans le Val d’Oise, avec le soutien de l’Association Femmes & Sciences.
Dans le cadre du projet « Mixité dans la filière scientifique », initié par mesdames Grave et Berthier, enseignantes de sciences physiques et d’histoire-géographie, des femmes travaillant dans des secteurs scientifiques ou techniques ont partagé leurs expériences avec des élèves de Première et Terminale S. Reportage…

Samedi 14 mars 2015, 9h.
Effervescence dans les couloirs du lycée Jean-Jacques Rousseau. Mes camarades de seconde et moi nous apprêtons à entrer dans la salle Boris Vian qui accueille les événements du lycée. L’ambiance est assez sérieuse : nous sommes cernés par les panneaux d’une exposition sur les métiers scientifiques ! Nous prenons place parmi les élèves de Terminale et Première S déjà présents. Devant nous sont assises les cinq intervenantes invitées ce matin. Madame La Proviseure ouvre la discussion, mais ce sont deux élèves de Terminale S qui animent cette matinée. Premier sujet abordé : le parcours professionnel de chacune des intervenantes.

Mme RIVIERE, Proviseure, introduit la table ronde
Les cinq intervenantes et une partie de l’exposition

Des parcours parfois complexes

Commençons par la plus jeune et la plus proche de nous : Mathilde Bigot, ancienne élève du lycée, poursuit son cursus scolaire dans une faculté de médecine et suit en parallèle une formation de chercheur en Sciences cognitives.Mathilde BIGOT {JPEG}

Ensuite se présente Michèle Bisson, toxicologue en pharmacie à l’Institut national de l’environnement et des risques. Souvenez-vous du fameux volcan entré en éruption en Islande en mars 2010 : voilà l’une des nombreuses situations où Michèle Bisson est intervenue. Elle est donc chercheuse, mais son rôle ne s’arrête pas là, puisqu’elle participe à la prévention et aux cellules de crise lors de catastrophes naturelles. Michèle BISSON

Vient le tour de Gwladys Fert, ingénieure chez Vinci. Issue d’un milieu modeste, elle a très vite su gravir les échelons. Après un BTS CIRA (Contrôle Industriel et Régulation Automatique) réussi haut la main, elle a enchaîné les propositions de travail. Elle se dit « chanceuse » : « ce n’est pas moi qui allais au travail, mais c’était lui qui venait à moi ». Même une proposition alléchante avec piscine gratuite à la clé ne l’a pas convaincue, elle a finalement trouvé sa place chez Vinci. Gwladys FERT

Quant à Nathalie Métais, chef de projet en informatique chez IBM, elle se destinait à être professeure d’anglais. Enchaînant les concours sans succès, elle a finalement décidé de se tourner vers les sciences, à sa manière... Elle commence d’abord comme traductrice chez IBM et, petit à petit, elle réussit à se frayer un chemin dans « ce monde d’hommes ». Ce « métier passe-partout », selon elle, lui a permis de voyager et de s’ouvrir à ce monde si globalisé. « Bougez, allez à l’étranger, ouvrez-vous au monde : voilà la plus grande école ! », conseille-t-elle.
Nathalie METAIS

Les présentations s’achèvent avec Nicole Roinel-Vendrely, ingénieure formée à l’ESPCI Paris-Tech et chercheuse en physiologie rénale. Elle est également membre de l’association Femmes & Sciences (voir ci-dessous). Son parcours est avant tout un défi familial  : son père, d’éducation traditionnelle, ne concevait pas qu’une femme puisse exercer un autre métier que secrétaire. Il semblerait que sa fille ait réussi à lui prouver le contraire ! Pour elle qui ne s’imaginait pas travailler dans le domaine des sciences, cela a été le commencement d’un parcours semé d’embûches. Refusée une première fois lors d’une candidature pour un poste d’ingénieur ( « car j’étais une femme » ), elle a finalement été orientée vers un directeur qui a accepté de l’embaucher, exigeant en contrepartie qu’elle montre de quoi elle était capable, ce qui n’a pas été facile. Loin de manquer de courage, elle s’est battue pour briser le plafond de verre qui touche toujours les femmes aujourd’hui.
Nicole ROINEL-VENDRELY

Une lutte quotidienne contre les stéréotypes sexistes

Il est à présent temps pour les élèves de Première et Terminale S de poser leurs questions, qui ont souvent surgi lors de leur réflexion sur leur projet d’orientation. Et les filles sont plus motivées pour prendre la parole.

« Les études longues en science représentent-elles un handicap pour les femmes qui souhaitent avoir des enfants ? » débute Louison, élève de Première S6.
« Si on le vit bien et que l’on s’organise, cela paraît handicapant mais pas impossible », répond Michèle Bisson.
« Il faut être une femme active, rétorque Nathalie Métais. Maman de trois enfants, j’ai la chance de pouvoir passer du temps avec eux. Et je pense que les mentalités ont évolué : les entreprises et la société se sont adaptées et mettent en place des structures qui peuvent aider les mamans. »

« Pourquoi les femmes sont-elles moins payées que les hommes, alors qu’elles occupent les mêmes postes ? », poursuit Laurane, élève de Première S6.

« Les femmes demandent moins d’augmentation dans les entreprises, elles ont tendance à ne pas oser et à se laisser devancer par leurs collègues masculins. Elles doivent se battre pour obtenir ce qu’elles veulent ! », affirme Nicole Roinel-Vendrely.
« Il faudrait sanctionner les entreprises qui ne jouent pas le jeu ! Et apprenez à négocier, les filles ! », soutient Nathalie Métais.

« Pensez-vous que la Journée internationale de la femme du 8 mars peut avoir un effet contre-productif ? », interroge Jeanne, élève de Première S5.

« Cette journée n’est pas la Journée de la femme, mais la Journée internationale des droits des femmes, ce qui marque une grande différence ! » corrige Nicole Roinel-Vendrely. « Et c’est important qu’elle existe, car il y a des femmes qui sont lapidées, brûlées, exclues du savoir. Elle permet de revendiquer des droits pour toutes les femmes. Le fait que les journalistes présentent cette journée sous un mauvais jour, je trouve que c’est plutôt discriminatoire pour les femmes ».
« En France, l’orientation représente la première source des discriminations qui touchent les filles. Il faut déconstruire les stéréotypes de genre à l’école, renforcer la connaissance des parcours scientifiques chez les filles et transmettre une culture de l’égalité entre les filles et les garçons », conclut Mme Berthier, enseignante d’histoire-géographie, approuvée par sa collègue, Mme Grave, enseignante de physique-chimie et aussi membre de l’association Femmes & Sciences.

Des réactions positives

A la fin de la table ronde, les élèves nous ont livré leur ressenti.
Unanimement, cette table ronde a remporté un grand succès auprès des lycéens. Elle leur a permis de découvrir des débouchés auxquels ils ne pensaient pas, leur a donné des idées pour la suite de leur orientation. Lorsque nous avons demandé aux garçons s’ils se sentaient concernés par cet événement, ils ont tous affirmé que oui et ne semblaient pas au courant de ces inégalités dans les domaines des sciences. Ils se disent même prêts à revendiquer les droits des femmes dans les sciences et dans leurs futurs parcours scientifiques !
De leur côté, plusieurs filles disent se sentir plus en confiance concernant leur avenir et commencent même à songer à des métiers auxquels elles n’auraient jamais pensé avoir accès.
En tant qu’apprentis reporters et jeunes lycéens de Seconde motivés par des projets d’orientation très variés, nous avons également un avis sur le sujet et, sans surprise, il rejoint globalement celui des autres élèves présents. Car le parcours marquant de Nicole Roinel-Vendrely résonne comme un témoignage pas seulement adressé à l’assemblée de cette table ronde, mais aussi aux femmes en général.
Cette rencontre a permis aux filles de se rendre compte qu’elles avaient les mêmes opportunités que les hommes dans les domaines scientifiques, et aux garçons de comprendre les paroles et actes sexistes dont sont victimes leurs camarades féminines. Ainsi, cet événement permet de rappeler à tous que les sciences n’ont pas de sexe !


Des élèves lisant l’exposition sur les parcours de célèbres femmes scientifiques.
(Photo : Juan MAUBRAS)

Un bilan optimiste

Finalement, les domaines scientifiques ne sont pas réservés aux hommes, car les mentalités ont évolué.
Cependant, les femmes doivent continuer à se battre pour obtenir ce qu’elles souhaitent.
Elles ne doivent pas hésiter à se tourner vers des métiers scientifiques, en s’ôtant de la tête l’idée selon laquelle les métiers scientifiques ne seraient réservés qu’aux hommes. Ce n’est pas vrai ! Rien n’est figé d’emblée et les parcours atypiques de ces cinq femmes scientifiques ou travaillant dans des secteurs scientifiques nous le montrent bien. Ainsi, la Journée internationale des droits des femmes doit rappeler à tous, aussi bien hommes que femmes, les droits de ces dernières. Néanmoins, il reste toujours des inégalités et des stéréotypes au sein de notre société. Il appartient aux générations futures de les combattre. Et peut-être qu’un jour les femmes pourront occuper n’importe quelle place parmi celles auxquelles elles aspirent, sans avoir plus de difficulté à y accéder que les hommes. C’est le mot d’ordre lancé par Gwladys Fert : « Il n’y a pas de limites, si ce n’est celles que vous vous fixez. »

Evriya SHAMBA, Pierre FLEUROT, Imene ALICHERIF et Juan MAUBRAS,
dans le cadre de l’enseignement d’exploration Médias et Communication

Remerciements à madame la Proviseure et à mesdames les Inspectrices pour leur présence et leur soutien.

Madama RIVIERE, Proviseure accompagnée de Dominique NOISETTE IA-IPR de sciences physiques et Anne-Françoise PASQUIER, IA-IPR d’histoire-géographie

« Promouvoir les sciences et les techniques auprès des femmes,
promouvoir les femmes dans les sciences et les techniques »


Voilà le mot d’ordre de l’association Femmes & Sciences, située dans le 5ème arrondissement de Paris. Créée en 2000 par un groupe de femmes âgées de 45 à 70 ans qui ont toutes exercé un métier dans le domaine des sciences, elle aide à promouvoir l’image de la science chez les femmes et, inversement, elle développe également les connaissances concernant la situation des femmes dans les carrières et études scientifiques ou techniques.

Contact : Association Femmes & Sciences – 9, rue Vésale – 75005 Paris
Email : secretariat@femmesetsciences.fr
Tél. : +33 (0)1 47 70 85 35
Site internet : www.femmesetsciences.fr

Des ressources pour donner le goût des sciences et démonter les stéréotypes

Le site fondé, entre autres, par l’association Femmes & Sciences :
http://www.elles-en-sciences.net/
Et surtout : http://www.elles-en-sciences.net/index.php/telechargements/Adulte/

Le blog actualisé :
http://www.allezlesfilles-osezlessciences.fr

Le site de l’organisme spécialisé dans l’orientation :
http://www.onisep.fr
Sur les métiers scientifiques : mavoiescientifique.onisep.fr/

Pour briser les stéréotypes dans les études et le travail :
http://objectifegalite.onisep.fr/
Et le clip de la campagne nationale de lutte contre les stéréotypes dans les métiers :
https://www.youtube.com/watch?v=XkqlJ9B0O9A

Voici un lien sur une page web du site du LLR (Laboratoire Leprince-Ringuet) concernant les masterclasses.

Vous y trouverez le programme de la journée du 19 mars 2015, les présentations du jour, ainsi que quelques photos.

Lien masterclasse sur le web LLR :
http://polywww.in2p3.fr/spip.php?article1837

Lien de la journée avec le lycée J J ROUSSEAU :

Le lien avec l’Ecole Polytechnique présentant les masterclasses


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Lycée Jean-Jacques ROUSSEAU Montmorency (académie de Versailles)
Directeur de publication : Philippe URBAIN