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Les incroyables expéditions du voilier TARA

Durant notre séjour d’études à Toulouse dans le cadre du projet MixiSciences, nous sommes allés le Jeudi 12 Novembre voir un documentaire au Cinéma ABC de Toulouse sur l’expédition « TARA Arctic » (2006-2008) ; expédition du voilier TARA dans le cercle polaire.

Cette séance a été suivie d’un débat en présence de Mme Catherine Jeandel (photo ci-contre), directrice de recherche au CNRS (le Centre National de la Recherche Scientifique), océanographe et géochimiste.

Catherine JEANDEL

Originaire de Bretagne, l’océan a toujours été sa passion, ce qui a guidé son choix de devenir océanographe. Au début des années 1980, elle fait partie des pionniers de la géochimie marine ce qui lui permettra de rentrer au CNRS en 1993 et de devenir directrice de recherche en 1997. Elle a participé à plus de 14 campagnes en mer telles que « TARA Arctic ».

TARA expéditions est une initiative française à but non lucratif qui effectue des expéditions pour étudier et comprendre l’impact des changements climatiques sur nos océans. Elle agit aussi quotidiennement pour renforcer la conscience environnementale du grand public et des jeunes. Durant ces expéditions de nombreuses mesures météorologiques, océanographiques, glaciologiques, nivologiques ou zoologiques sur la chimie atmosphérique et océanique et sur la biologie marine sont effectuées afin de mieux comprendre ces changements. Des appareils de mesure tel qu’une station météo (Aanderaa) ; un ballon captif (Väisälä DigiCORA thethersonde) pour la mesure de la température de l’air, de l’humidité, de la pression atmosphérique et de la vitesse du vent ; un treuil grand fond ainsi qu’un sondeur acoustique grands fonds (photo ci-contre) pour permettre d’effectuer des profils quotidiens de température, salinité et pression au moyen d’une bathysonde portable ; ou encore des appareils permettant de mesurer la densité de la neige, son épaisseur, son contenu en eau ou sa conductivité thermique par exemple accompagnent les scientifiques durant l’expédition « TARA Arctic ». Dix expéditions similaires à celle de Tara Artic ont été organisées depuis 2003 à bord du voilier Tara. Celui-ci a été construit pour résister à des conditions extrêmes. En effet grâce à sa coque ronde et plate conçue pour résister aux fortes pressions exercées par la banquise, TARA a pu se laisser bloquer par les glaces et entamer sa dérive.

Durant deux années, le voilier TARA a dérivé en Arctique au cœur d’une région essentielle au devenir du climat de la Terre de septembre 2006 à janvier 2008, lors d’une expédition majeure de son histoire. Cette dérive de 1800 km a été inspirée par le Norvégien Nansen qui a lui aussi dérivé pendant 3 années (1893-1896) à bord du Fram (« En avant ! » en norvégien).
L’expédition de TARA est mise en place dans le but d’observer et d’identifier les changements affectant la glace lors de sa fonte, la mer et sa température ou encore l’atmosphère. Le principal but de cette expédition est de constater mais surtout de prévoir l’impact du réchauffement climatique dans le futur. C’est alors grâce à de grands scientifiques que cette mission va se dérouler, comme Dr Jean-Claude Gascard, directeur de recherches en océanologie ; Pr Yves Coppens, professeur au collège de France et président de la charte de l’environnement ; Dr Yvan Frolov, directeur de l’institut arctique et antarctique de St Petersbourg et Erik Orsenna, écrivain, président du centre de la mer de Rochefort. Les chercheurs se sont appuyés sur une instrumentation de haute technologie qui a permis une collecte importante d’informations comme l’évolution de la température de la mer, la vitesse de fonte des glaces. Ces informations ont permis de déterminer le rôle de l’arctique dans l’évolution du climat mondial.

Le voilier TARA en 2006 avant d’être pris dans la banquise.

Le périple n’a pas été sans difficultés  : rencontres avec des ours polaires, tempêtes de neiges, fonte et cassure de la banquise, faisant dériver le voilier TARA et entraînant l’éparpillement des instruments de mesures à différents endroits (plus ou moins loin) de la banquise, problème de relais des équipes de scientifiques à cause des intempéries…
Mais finalement l’expédition a pu être menée à bien et à son terme ! Ces études scientifiques à bord du voilier Tara s’inscrivent dans le programme européen DAMOCLES (Developing Arctic Modelling and Observing Capabilities for Long-term Environmental Studies). Cela permet une intense collaboration internationale et multidisciplinaire. Cette expédition a permis de mieux identifier les changements affectant la glace, l’atmosphère et l’océan. De plus, elle a permis de collecter et d’évaluer les impacts que la fonte de la banquise sur l’environnement Arctique, permettant également de justifier le rôle de l’Arctique dans l’évolution du climat mondial. Ces études ont ainsi contribué à une meilleure prise de décisions concernant le réchauffement climatique de la planète.
Finalement, TARA apporte, grâce à son programme éducatif, une meilleure connaissance des régions polaires ouverte à tous. Pour plus de renseignements sur cette expédition, vous pouvez consulter ce lien  : http://oceans.taraexpeditions.org/m/qui-est-tara/les-expeditions/tara-artic/
Il existe également un livre retraçant leur expédition qui s’intitule Tara, journal de bord de la dérive arctique écrit par Grant Redvers
De 2009 à 2012, Tara a traversé les océans afin d’étudier le piégeage des molécules de gaz carbonique par les micro-organismes marins (ex : plancton) pour révéler les précieux génomes et les ensembles coralliens présents dans les fonds marins. Les planctons produisent dans les océans la moitié de l’oxygène que nous respirons et absorbent le CO2 donc ils permettent la régulation du climat et l’absorption efficace du CO2. De plus, ils sont à la base de la chaîne alimentaire donc la clé de la survie des poissons, de mammifères marins et des humains : d’où l’importance de cette expédition. Elle est partie de Lorient pour traverser le monde entier, notamment en passant par la mer Rouge, les côtes de l’Inde, les Mascareignes, Madagascar et bien d’autres contrées pour enfin revenir au point de départ. En 2013, Tara part pour une expédition autour de la banquise arctique afin de faire un état des lieux biologique et climatique de l’océan Arctique. (lien pour ces deux expéditions : http://oceans.taraexpeditions.org/m/qui-est-tara/les-expeditions/tara-oceans/ )
La dernière expédition en date (2014) pour TARA est une étude scientifique sur le plastique. Cette mission avait pour but de comprendre les impacts du plastique au niveau de l’écosystème méditerranéen, le plastique se répandant en mer étant l’une des grandes préoccupations environnementales de notre temps.
Pour plus de renseignements sur cette expédition, vous pouvez consulter ce lien  : http://oceans.taraexpeditions.org/m/qui-est-tara/les-expeditions/tara-mediterranee/

En 2015, TARA a la tête tournée vers la COP 21, la Conférence Climat de Paris, qui se déroule en ce moment même du début du mois de décembre afin d’aboutir sur un accord international sur le climat pour maintenir l’augmentation du réchauffement climatique en dessous de 2°C.
La mission de TARA pour cette conférence est de rendre compte du rôle de l’océan dans les enjeux climatiques. C’est pour cela que le navire a entamé une route pour la COP21, au cours de laquelle il s’est arrêté à plusieurs pôles mondiaux. Son dernier arrêt était à Nantes dans le cadre des « Rendez-vous du climat » et de la première « greenweek » afin d’apporter de la visibilité aux enjeux climatique de l’océan.
(Les informations concernant leur programme durant la COP21  :http://oceans.taraexpeditions.org/m/agenda/en-ce-moment/tara-met-le-cap-vers-la-conference-climat-de-paris-en-decembre-cop-21/ )

Et pour retrouver toutes les informations sur TARA expéditions, rendez-vous sur leur site http://oceans.taraexpeditions.org/

Lilou MARRE, Andréa DUPARD, Amaury GRILLOT, Hachmi Ali TOIHIR, Merwane BAOU , Lucy PASCUAL élèves de TS7


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